LA PEUR DU COUP DE FUSIL
Avoir un chien qui a peur du coup de feu est certainement le
problème le plus redouté par le chasseur, car il
compromet toute utilisation de son compagnon sur le terrain . Si
certaines races ou lignées sont plus facilement
vulnérables à ce problème, il faut admettre que la
plupart des peurs pathologiques au coup de feu sont dues à des
erreurs du propriétaire plus qu'au patrimoine
génétique du chien.
Le problème et à considérer sous trois angles différents:
Les causes
La prévention
Le traitement
Les causes
La plupart des problèmes résultent d'une mauvaise association:
Le coup de fusil surprend le chien, qui s'enfuit,, et le
propriétaire aggrave encore l'incident en corrigeant le chien
à son retour.
Au premier contact avec le gibier, ( par exemple un gros faisan qui
s'envole en surprenant le chien), le chien recule, et une
détonation à ce moment critique déclenche la peur
et la fuite.
J'ai vu des "juges" de TAN tirer au pistolet au moment où
le chiot découvrait une caille pour la première fois, et
le fait de tirer au moment ou le jeune recule de surprise peut
provoquer la crainte du coup de feu. Si cela s'était produit
quelques secondes plus tard , après le départ du gibier,
l'instinct de poursuite se serait déclaré, et le jeune
aurait associé la détonation à un moment
agréable.
Un chien qui n'est déjà pas à l'aise avant
le coup de feu ( changement de propriétaire, terrain et
environnement inconnu), la détonation est
l'élément qui fait déborder
l'anxiété, et provoque la fuite.
Une pétarade associée à beaucoup d'agitation ( chiens qui courent )
La prévention
Elle consiste avant tout à éviter les situations
décrites ci-dessus, mais la règle d'or, c'est que les
premiers coups de feu se fassent entendre dans un environnement
sécurisant pour le chien, et ne soient associés à
aucun autre événement pouvant le perturber.
Je n'ai personnellement jamais eu de problème au coup de feu
avec mes propres chiens. Habitant en pleine campagne, les chiots
entendent régulièrement des coups de fusils dès
l'ouverture, salués immédiatement par les aboiements de
leurs aînés qui ne laissent aucun doute sur
l'intérêt du phénomène.
Et c'est le fil conducteur de la rééducation au coup de fusil.
Le traitement
Il consiste à faire disparaître l'association coup de
fusil = danger au profit de coup de fusil = chose agréable. Les
conseils pour faire disparaître l'appréhension au coup de
feu seront utilisés aussi pour limiter les risques de "louper"
un jeune chien au coup de feu.
Il ne faut surtout pas hésiter à décomposer au
maximum les phases de l'opération de remise en confiance avec la
détonation..
En ce qui me concerne, la relation coup de fusil - gibier est
l'étape ultime, car si elle permet un résultat rapide,
dans certains cas, elle peut aussi provoquer le blinckage total, avec
relation gibier =coup de feu =danger.
On associera donc le coup de feu aux évènements joyeux de
la vie du chien, des choses incontournables comme son repas, la
promenade, l'arrivée du maitre, en tirant
systématiquement un coup de pistolet hors de la vue du chien
pour les annoncer . La boite contenant des gateries pour le chien sera
systématiquement rangée dans l'armoire à fusil, et
celui ci sera progressivement sorti, complimenté, caressé
juste avant de donner une friandise au chien.
Parallèlement, on sortira le chien sur le terrain, d'abord sans
fusil, puis avec fusil, on le laissera poursuivre le gibier.
Ce n'est que lorsque le chien aura manifestement compris que la
détonation annonce quelque chose d'agréable, que l'on
pourra emmener le pistolet ou le fusil sur le terrain, et envisager le
tir.
Le coup de feu ne sera jamais tiré au moment de l'envol du
gibier, mais uniquement quand le chien coure franchement
derrière. La sagesse au départ n'est pas de mise quand la
confiance au coup de feu est en jeu.
Un bon chien ne se fait pas en un jour, prenez du temps, faites preuve
de bon sens, sacrifiez quelques sorties pour ne pas jouer son avenir au
poker. Quinze ans avec un compagnon inutilisable à la chasse
c'est long !
Bonne chance
Brigitte BOLZE