CONGRES INTERNATIONAL SUR LA RACE WELSH SPRINGER AOUT 2000 Les
26, 27 ,28 août 2000 s'est tenu en Grande Bretagne un congrès mondial sur les
welsh springers. Ces trois journées,
consacrées respectivement au standard, à la santé et au travail, qui ont
rassemblé des participants venus des USA, du Canada, de Suède, de France, de
Hollande, du Danemark, étaient
organisées conjointement par les quatre clubs britanniques s'occupant de la
race. Ce pluralisme de clubs donne une connotation tout à fait différente à la
cynophilie anglaise, où il est beaucoup plus facile de trouver sa place, et où
l'émulation ne peut être que bénéfique pour les races concernées. Le ton a
d'ailleurs été donné d'emblée par les organisateurs, qui ont ouvert le congrès
avec une très amusante parodie de la cynophilie anglaise, avec trois dames très
caricaturales: La
très smart juge, représentante du kennel club La
cheville ouvrière de club L'amateur
venu passer un bon moment avec son chien Cette
introduction peu commune laissait la place à Peggy GRAYSON, éleveuse réputée de
field spaniel, qui nous prodigua une étonnante prestation, en commentant durant
deux heures le standard du welsh springer. Un des symboles de la vieille garde
du monde du Spaniel en Angleterre, comme nous en avons eu l'exemple avec Mr
Lancaster au congrès européen, pas plus concernée que lui par les questions de
tares héréditaires, je ne suis pas sûre
qu'elle soit remise d'avoir appris qu'en France, un certain nombre de welshs
ont un ancètre english springer, suite à une retrempe pour améliorer les
qualités de travail. L'après midi, diverses interventions de membres étrangers
permettait de situer notre race dans chaque pays. STANDARD: l'homogénéité Les
WELSH SPRINGERS, ou springers gallois appartiennent à la grande famille des
spaniels, qui sont des chiens broussailleurs et leveurs de gibier, classés par
la FCI dans le huitième groupe. En France, les welshs, au même titre que les
english springers ou les cockers anglais, ne sont pas considérés comme des
races distinctes,( en contradiction formelle avec les standards FCI), mais
comme des variétés, classification d'autant plus aberrante que par exemple
l'irish water spaniel, considéré par le spaniel club français comme une simple variété de cocker (
à moins que ce ne soit le cocker qui ne soit une variété d'irish water !), est
classé au niveau de la FCI dans les chiens d'eau. Si
l'on regarde les choses d'un peu plus près, deux races de spaniels sont
numériquement beaucoup plus développées que les autres, les springers et les
cockers. Dans
ces deux races, pour des raisons de compétition, les Anglais ont divisé leurs
lignées en deux, d'une part les chiens de travail, d'autre part les chiens
d'exposition, officiellement la même race, mais en pratique des chiens qui ne
se ressemblent plus du tout, en standard comme en aptitudes. Là dessus les
Américains ont créé leurs propres souches , d'où le cocker américain, classé
par la FCI comme une race distincte, et le springer américain, qui lui est
toujours classé par la FCI comme springer anglais, donnant ainsi la possibilité
aux éleveurs de marier ensemble ces trois types de springers, travail,
exposition, et américain, ce qui explique une hétérogénéité pour le moins
flagrante au niveau des english springers produits en France. Ces
problèmes n'existent pas avec les welsh springers, dont le standard est
respecté dans le monde entier, y compris aux USA. Cette
homogénéité est due à deux raisons: Il
n'y a pas d'hyper type en welsh springer, le standard étant parfaitement adapté
à la fonction de chien broussailleur. La
taille est idéale pour un spaniel de chasse ( 46 à Le
welsh est un chien compact, mais qui n'est jamais lourd, et l'excès d'ossature,
de taille, de fourrure ou de peau,
spectaculaires pour le show, mais préjudiciables sur le terrain, sont atypique
pour cette race. Le
welsh est caractérisé par sa robe roux vif et blanc, qualifiée
d'autonettoyante, car rien n'accroche dessus, et ces chiens, chez lesquels les
bains sont superflus, sont toujours impeccables. Leur entretien en est très
simplifié, et seule les oreilles demandent un peu plus d'attention, car
l'expression typique de la race sera mise en valeur quand elles sont
débarrassées de leurs poils superflus. CHASSE : des trouveurs de gibier La
deuxième raison pour laquelle le welsh springer a échappé à la dichotomie
beauté travail est une inadaptation certaine aux conditions de field trial dans
son pays d'origine. Les épreuves en Angleterre sont destinées à mettre en
valeur des chiens avant tout maniables, capables de ratisser très vite un rayon
de cinq à dix mètres autour du chasseur, et de s'arrêter aussi vite sitôt le
gibier lancé, car il y en a tellement que l'initiative n'est pas tolérable. Ce
n'est pas du tout un travail de welsh, qui préfère chasser comme il le sent, au
propre et au figuré, se servant de son nez pour explorer les places où il pense
qu'il y a quelque chose, et est aussi capable de faire une petite pointe en
avant ou le tour du buisson pour vous rabattre le gibier dessus. Comme tous les
spaniels, il chasse sous le fusil, broussaille très bien, rapporte de façon
très efficace, mais plus il avance en âge et en expérience, plus sa quête est
raisonnée. Roger GOUGON, l'un de nos juges qui les connaît le mieux, résume
ainsi la situation: " l'english springer chasse avec ses pattes, le welsh
chasse avec son nez et son cerveau." Dans ces conditions, il est évident
qu'aucun dresseur professionnel brittanique n'a perdu de temps à concourir avec
des welsh, ou à en élever, et la race est restée entre les mains des amateurs
qui ont su conserver les qualités originelles de leurs chiens, travaillant avec
succès pour le dual purpose. Les welsh sont largement en tête des statistiques
de réussite des épreuves de travail réservées aux chiens "conformes au
standard", dans leur pays d'origine, mais aussi dans les pays de l'Est, où
ils sont très appréciés, justement pour les qualités que l'on pénalise en
Angleterre, un très grand nez, la faculté de mener à voix, ou l'initiative. (
Huit welsh springers au moins ont obtenu le CACIT en réglemement B ) Epreuves
de travail tchèques:
1er prix
2eme prix 3
eme prix Welsh springers
35%
24%
20% English springers 24%
24%
24% Cockers spaniel
21%
27%
14% En
suède, la race se distingue particulièrement en tracking ( recherche au sang ),
et depuis deux ans, vingt welsh springers suèdois ont obtenu le titre de SV
champion dans cette discipline, dont le récent importé en France CH SV et
Norvégien B HAMMALGARDENS UNPAID TAXE.. En
France, les welshs ont fait des progrès énormes depuis la création d'épreuves
spéciales de field trial il y a une dizaine d'années, épreuves qui permettent
de juger la race avec une approche différente, de comparer les meilleurs chiens
du moment (pour la plupart grand gagnants d'exposition ). La bonne
fréquentation de ces épreuves ( quinze participants en moyenne sur l'année,
pour trente à cinquante naissances annuelles.)montre le bon niveau de travail
de la race mais la sélection commence pourtant à marquer le pas, par manque de
motivation des conducteurs, depuis qu'un seul CACT en spéciale est reconnu pour
le championnat de travail, et qu'il n'y a pas non plus de titre de champion de
race de l'année. UN MERVEILLEUX CHIEN DE FAMILLE Malgré
ce handicap, environ soixante dix pour cent des chiots nés en France partent
chez des chasseurs, avec un très haut score de satisfaction, aussi bien sur le
terrain qu'à la maison. Le welsh est un compagnon très attachant, calin, très
calme à l'intérieur, qui adore les enfants, et fait preuve d'une grande
sociabilité avec ses congénères. Il est très peu fugueur, mais peut faire
preuve d'un coup de saut redoutable pour sortir d'un endroit qui lui déplait ou
venir vous rejoindre. Doté d'une vive intelligence, très observateur, c'est un
chien très sensible qui transpirera facilement les états d'âme de son
entourage. Il a besoin d'une socialisation soignée dans sa jeunesse, et
s'adaptera très mal dans un élevage important. Je dis souvent que le welsh a un
carnet à remplir, où tout fait nouveau est noté et analysé. Dans sa grande
majorité, la race nait chez des amateurs qui ne possèdent que quelques chiens,
qui vivent en famille, d'où une sélection certaine pour cette fonction,
d'autant que dans les autres pays, son utilisation comme chien de chasse est
marginale. La race n'est pas très répandue, 500 à 800 naissances en Angleterre,
pour une cinquantaine en France, et environ 100 à 200 dans les autres pays,
mais les échanges internationaux sont très fréquents, aidés récemment en cela
par Internet. Ces
échanges ont permis à l'élevage français de se situer au top niveau au plan
mondial, et de remporter régulièrement le championnat du monde, comme de
nombreux championnat étrangers ( Hollandais, Danois, Suisse, Belge, Italien ),
et l'un des derniers champions homologué en Angleterre TORCELLO QUELLE CHANCE
DE RUSSETHILL est issu d'un chien français. Santé: un chien rustique Le
welsh springer est un chien robuste, qui vieillit bien, d'autant qu'il a très
peu tendance à l'embonpoint. L'élevage comme la croissance ne posent aucun
problème, les chiennes sont d'excellentes mères. Les
échanges internationaux se concrétisent aussi sur le plan santé, et de
nombreuses recherches sur les tares héréditaires se font en collaboration avec
les différents clubs étrangers. L'un des plus en avance sur le plan dépistage
est le club hollandais, qui envoie systématiquement à tous les nouveaux
propriétaires de chiots welsh un questionnaire quand le chien atteint un an,
puis trois ans. Ces enquêtes ont pour but de connaître rapidement les problèmes rencontrés dans la descendance des
reproducteurs concernés, et en particulier d'éliminer rapidement les porteurs
d'épilepsie, le problème majeur pour la race dans de nombreux pays. Le club
américain a lancé une étude pour connaître le code génétique de cette
affection, avec appel à des fonds privés, étude menée parallèlement en Angleterre.
D'autres pays semblent moins concernés par cette affection, dont les pays
nordiques et la France, mais comme les éleveurs français travaillent de façon
totalement individuelle, le spaniel club ne leur fournissant aucun élément de
travail pour l'élevage, il est très difficile de se faire une opinion sur la
prévalence des tares . Il
en est de même de la dysplasie coxo fémorale. Certains pays, comme la Suède et
les pays nordiques en général sont très en avance dans ce domaine, et de plus
en plus se réfèrent à la descendance plutôt qu'à l'individu. Des statistiques
très précises sur le pourcentage de chiens dysplasiques par rapport au nombre
de descendants radiographiés permet de favoriser les étalons améliorateurs, et
de diminuer les risques pour les chiots produits. L'Angleterre et la Hollande
se penchent depuis peu sur le problème, en publiant la liste des chiens
radiographiés, avec leur cotation, mais les scores sont nettement moins bons
que ceux enregistrés dans des pays où une politique d'éradication est en place
depuis vingt ans. En France, la situation est très mitigée, avec des élevages
avec d'excellents scores, et d'autres qui ferment les yeux sur le problème. En
matière de tares oculaires, la situation est aussi très différente selon les
pays. Si l'atrophie rétinienne n'est pas pas un gros problème dans cette race, la
dysgénésie, qui peut aboutir au glaucome dans les cas les plus graves est un
problème que l'on peut nettement réduire en pratiquant une gonioscopie chez les
reproducteurs. En
bref, le welsh springer est le chien idéal pour la famille qui recherche un
chien de taille moyenne, peu commun, rustique d'entretien, paisible à
l'intérieur, compagnon efficace du chasseur, et prête à s'investir dans une
complicité de quinze ans avec ce chien tout en finesse. |